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Author Archives: maxime

Nouveau collectif d’astrophotographes français : Le Collectif NOX

Observer et photographier le ciel la nuit est une passion qui nous unit. Depuis 1 an (déjà!), j’ai le plaisir d’avoir lancé une nouvelle aventure avec d’autres photographes du ciel et amis : voici le Collectif NOX ! Il est composé de 6 astrophotographes français, spécialisés dans les images du ciel profond (galaxies, nébuleuses…) ou de paysages nocturnes : – Guillaume Doyen  – Jonathan Fertil – Benjamin Lefèvre – David Malattia – Maxime Oudoux – Maxime Tessier Qu’est ce que […]

Une Porsche sous les étoiles : Interview pour le magazine officiel « Christophorus »

En février 2021, Porsche France m’a contacté pour me proposer de faire un reportage sur mon travail et d’y adjoindre l’univers automobile sportif; ce reportage figure désormais sur le magazine officiel de la marque allemande, « Christophorus ». La rencontre de 2 mondes différents – l’astrophotographie et l’automobile – donne un exercice très particulier et unique, d’autant plus que le modèle de voiture, un Taycan (la Porsche 100% électrique) l’est tout autant. Silencieuse et rapide comme l’éclair, un très beau sujet à […]

Masterclass de paysages célestes avec l’Association Française d’Astronomie

L’AFA lance un nouveau format de cours en ligne sur la photo de nuit : tous les trimestres, un spécialiste intervient pour présenter son travail, ses techniques, ses méthodes, ses trucs et astuces et détaille quelques uns de ses clichés. J’ai le plaisir d’animer la première Masterclass de 2021 avec 2 interventions, le jeudi 22 avril et le jeudi 20 mai, en visioconférence. Toutes les infos et les réservations pour y participer : https://www.afastronomie.fr/masterclass-paysages-celestes A noter que les interventions sont […]

Un nouveau groupe photo de Paysage Nocturne et d’astrophotographie

Paysages Etoilés : c’est le nom donné à ce nouveau groupe Facebook, unique en France, entièrement dédié aux photos de paysage nocturne. Pour le rejoindre : https://www.facebook.com/groups/paysagesestoiles Le compte Instagram associé (repost des images les plus plébiscitées) : https://www.instagram.com/paysagesetoiles A l’heure où ce petit article de blog est rédigé, la période n’est toujours pas propice pour revenir facilement sous les étoiles. Mais cela ne nous empêche pas de nous retrouver ensemble pour partager nos images et échanger sur les techniques […]

Test du Tokina Opera 50mm f/1.4 en astrophotographie et paysage nocturne

Commercialisé depuis 2018, ce 50mm f/1.4 est, avec un 16-28mm f/2.8, l’un des deux objectifs de la gamme OPERA. Tokina y concentre tout son savoir-faire pour donner naissance à des objectifs imposants et lumineux, destinés aux photographes les plus exigeants. Tokina s’attaque au segment Premium avec cette gamme Opera, face à la gamme ART de Sigma (on remarque d’ailleurs une sorte de petit clin d’œil : gamme « ART » / « OPERA », coïncidence ?). Comment s’en sort-il dans […]

Nouvelles séries photo : présentation et démarche

Depuis 2014, l’astronomie, l’astrophotographie et le paysage nocturne sont devenus un moyen d’expression important pour moi. Une véritable passion, fusions de deux autres, qui me fait réfléchir et avancer chaque jour. Une occupation devenue quasi obsession, qui s’est développée au fur et à mesure du temps. Cette année, je souhaite structurer cette activité en créant 3 nouvelles séries d’images de paysage nocturne ou de ciel profond; chacune d’entres elles ont une approche et une technique différente. La première série – […]

Photos de la comète Neowise depuis la Réserve Internationale de Ciel Etoilé des Cévennes

C’est l’événement astronomique auquel vous n’avez pas pu y échapper depuis le début du mois de juillet : la comète C/2020 F3 Neowise ! 🙂 J’ai eu la chance de pouvoir la photographier et l’observer pendant les Nuits du Causse Noir, un rassemblement d’astronomes et d’astrophotographes amateurs de toute la France (pour en savoir plus : https://www.nuits-causse-noir.fr/ ). La particularité de ce site est qu’il se situe dans la Réserve Internationale de Ciel Etoilé (RICE) des Cévennes : cette zone […]

Commercialisé depuis maintenant environ 10 ans, cet ultra grand-angle permet aux photographes de découvrir les joies des images larges et lumineuses avec un bon rapport qualité-prix. Plébiscité auprès des astrophotographes, nous le rencontrons très fréquemment dans le sac photo des passionnés du ciel.

Samyang propose un nouveau modèle « Mark II », héritier de son prédécesseur. Il conserve en effet les caractéristiques principales (focale, ouverture, focus manuel), mais la marque sud-coréenne a modernisé la formule optique et la construction, comme nous pourrons le découvrir un peu plus bas.

L’objectif a été annoncé à la fin mai 2020 et commercialisé le mois suivant, toutefois j’ai pu avoir l’un des tout premiers exemplaires sur le territoire européen et l’emmener avec moi lors de mon séjour en Auvergne et en Aubrac, à côté de mon matériel panoramique.

Je vais donc vous donner un résumé et un ressenti complet à son sujet.

 

Commençons par la fiche technique de ce Samyang 14mm MF Mark II :

  • Focale : 14 mm (équivalent 22 mm en APS-C)
  • Format de capteur : plein format, APS-C et 4/3
  • Ouverture maximale : f/2,8
  • Ouverture minimale : f/22
  • Construction optique : 14 éléments répartis en 10 groupes dont 3 lentilles haute réfraction, 1 lentille hybride asphérique, 1 lentille asphérique et 2 éléments à faible dispersion
  • Diaphragme : 9 lamelles
  • Diamètre du filtre :  – (un porte-filtre avec adaptateur est nécessaire)
  • Tropicalisation : oui, joint d’étanchéité sur la monture (baïonnette)
  • Poids : 649 g en Canon EF, 641 g en Nikon F, 708 g en Sony E, 694 g en Fuji X, 695 g en Canon M et 692 g en Micro 4/3
  • Montures compatibles : Canon EF, Nikon F, Sony E, Fuji X, Canon M, 4/3″

 

Construction et prise en main

La nouvelle version du 14mm a droit à un nouveau design, qu’il partage avec le 85mm f/1.4, également mis à jour. Plus de cerclage rouge ou doré, mais un fût très sobre, noir et argent. Les inscriptions de distances de mise au point sont visibles avec une couleur et une typographie qui peut nous faire penser à certaines anciennes optiques (le Nikkor 50mm f/1.8 AF-D par exemple). Ce nouveau design est vraiment réussi, mais semble succomber à la tendance générale de proposer des optiques très sobres depuis quelques années (Sigma, Tamron, Tokina notamment).

Le 14mm possède une bague de mise au point offrant une prise correcte ; sa course et longue et sa manipulation précise. En plus de celle-ci, le Mark II retrouve la bague d’ouverture habituelle sur les optiques Samyang manuelles, permettant de contrôler l’ouverture comme sur les anciens objectifs. Une nouveauté fait son apparition ici : la possibilité de « libérer » cette bague grâce à la fonction « declick », placée sur l’anneau argenté. Une fois en position « free », la bague d’ouverture n’oppose plus de résistance et se manipule de manière fluide. Cette fonction pourrait intéresser les vidéastes qui recherchent des contrôles doux et fluides de focus et de gestion de la profondeur de champ.

Autre nouveauté, la possibilité de verrouiller la mise au point avec une bague dédiée. En position « lock », il n’est donc plus possible de changer – y compris sans le vouloir – une mise au point que nous aurions fait avec précision sur le ciel (méthode du liveview). Cette fonctionnalité est intéressante, mais plutôt superflue sur un ultra grand-angle, sachant que la distance de mise au point hyperfocale est assez rapidement atteinte.

Côté filtrage, il n’y a pas de filetage présent sur le 14mm MkII, à l’instar de la première version. Il faudra attendre que des marques spécialisées (NiSi, Cokin…) développent des adaptateurs pour pouvoir utiliser un porte-filtre sur cet objectif.

 

 

L’ensemble respire la solidité et la qualité de construction. Le fût, la bague en caoutchouc sont agréables au toucher. L’objectif a pris du « poil de la bête » comparé à son prédécesseur : le Mark II est plus large et plus lourd. Ayant eu dans la main un MkI et un MkII, le nouvel ultra grand-angle semble comme être conçu par des marques plus « prestigieuses » tant il fait forte impression – un sentiment partagé par les quelques photographes amateurs et professionnels que j’ai rencontré lors d’une sortie commune dans le Cézallier. Pour parfaire sa qualité de construction, un joint d’étanchéité est présent au niveau de la baïonnette, ce qui n’était pas le cas avant.

Lors de ce mini-trip de 5 jours en Auvergne (bien trop court !), le 14mm était à côté de mon matériel de prise de vue panoramique (Samyang 35mm f/1.4 et tête panoramique Nodal Ninja 6 RD-16II).

 

Lors de mes premières images avec cet ultra grand-angle au sommet du Puy Mary, j’ai pu constater qu’il se manipule facilement : la précision (course + dureté) de la bague de mise au point est bien dosée pour réaliser des prises de vues demandant de la précision (focus stacking par exemple). En revanche, la bague d’ouverture de mon exemplaire est un peu sensible aux manipulations, si bien qu’elle tourne trop facilement sous nos doigts. Il faut bien faire attention à l’ouverture utilisée, surtout de nuit et sur des boîtiers qui ne communiquent pas avec l’objectif ! Sur un boitier Nikon, l’erreur « fEE » apparaît dès que nous ne sommes pas placés à f/22.

Utiliser un 14mm en photo de paysage est un exercice plaisant, notamment pour capturer des portions proches du sol en format portrait ; il autorise des cadrages et des compositions assez créatives, rapidement et simplement. De nuit, vous capturez une portion relativement large du ciel d’un seul coup – surtout si vous utilisez un reflex plein format. Par exemple, il est possible de photographier en une prise tout le Triangle de l’Été jusqu’au centre de la Voie Lactée, avec une partie du sol. Du grand luxe comparé à la photographie panoramique ! 😉

 

Il est quand même chouette à utiliser de jour !

 

Un beau champ de narcisses près du Lac des Moines, dans l’Aubrac. La lumière zodiacale est visible dans le ciel (bande légèrement lumineuse et oblique)

 

Un bel arbre mort, trouvé au détour d’un chemin dans le Cézallier

 

Un chemin anonyme dans l’Aubrac 

 

Qualité d’image en paysage nocturne / astrophotographie

Autant l’annoncer directement, le nouveau 14mm est bon, et même très bon pour un ultra grand-angle.

Samyang a fait un travail important pour améliorer l’objectif, car l’ancienne version pouvait souffrir de quelques soucis : il fallait fermer un peu son diaphragme pour limiter les aberrations chromatiques ou la coma dans les coins et bénéficier d’images plus qualitatives en astrophotographie. À noter tout de même que la grande majorité des UGA sont souvent sujets à ce type de soucis. Autre problème connu, le 14mm MkI peut avoir un souci de mise au point à l’infini qui n’était pas possible : la bague de mise au point arrivait en butée avant de pouvoir avoir une netteté correcte sur les étoiles (plusieurs astuces permettent de corriger ce problème si nous y sommes confrontés).

Le MarkII ne souffre plus de ces défauts. Mieux, il est même quasiment exploitable à pleine ouverture !

À f/2.8, les images présentent des étoiles relativement bien définies sur l’ensemble du champ photographié. Le centre de l’image est un peu plus piqué, mais la différence avec les bords est plutôt minime. Attention tout de même aux étoiles lumineuses (celles composant les constellations ou celles encore plus lumineuses, comme Vega, Antares, Capella…), elles sont représentées par un point de diamètre plutôt gros et un peu baveux, ce qui dénote de la finesse des autres étoiles. Le vignettage est marqué, principalement sur les parties gauches et droites du champ. S’il peut être corrigé sur les logiciels de traitement comme DxO Photolab ou Lightroom (pour ne citer qu’eux), la différence de luminosité reste importante. Il peut donc gêner et créer des images globalement plutôt sombres (il faudra peut-être compenser avec une sensibilité ISO un peu plus élevée).

Le Samyang 14mm est bluffant sur sa gestion de la coma et des aberrations chromatiques dès la pleine ouverture. C’est simple : il y en a très peu. Au centre du champ, les étoiles de la constellation de la Grande Ourse sont à peine entourées d’une marque de diffraction chromatique violette, peu étendue et visible que sur le périmètre opposé de l’étoile au centre de l’image. Une simple gestion des aberrations sur Lightroom ou DxO les fera complètement disparaître sans créer d’artefacts de retouche visibles (cerclage gris/noir). Au bord, des étoiles peu ou moyennement lumineuses ne présentent pas d’aberration chromatique. A voir avec une étoile de forte magnitude dans un coin de l’image, mais cela semble très prometteur ! La coma est quasiment inexistante, sauf dans mon cas sur le coin supérieur gauche de l’image, avec une déformation visible sur quelques étoiles.

 

Image de la région Nord du ciel (la grande Ourse et l’étoile Polaire y est présente). Nikon D750, Samyang 14mm f/2.8 MF Mark II – 15s, 4000ISO, f/2.8. RAW converti en JPG sur DxO Photolab 3, aucune correction activée, aucune retouche hormis une exposition à +1,5 pour mettre en évidence plus facilement la surface et la différence de luminosité du vignettage avec le centre de l’image. Attention à ne pas confondre le bruit chromatique sciemment laissé sur l’image, avec les aberrations chromatiques aux abords des étoiles.

 

Zoom sur les 4 coins de l’image à f/2.8 (!). Attention à ne pas confondre le bruit chromatique sciemment laissé sur l’image, avec les aberrations chromatiques aux abords des étoiles.

 

À f/4, l’évolution de la qualité d’image est subtile, mais néanmoins bien réelle. Le vignettage est bien moins marqué qu’à f/2.8, mais il subsiste encore des zones sombres et verticales sur le côté gauche et droite du champ. Les étoiles sont logiquement mieux définies, sans pour autant voir une différence marquante. Les aberrations chromatiques deviennent très difficilement observables, voire négligeables. En revanche, la coma possède la même forme et la même taille sur les images que j’ai pu réaliser. À ce stade, je peux dire que le Samyang est très bien corrigé pour la coma et qu’il y a peut-être du tilt dans le montage boitier/objectif…

 

Image de la région Nord du ciel (la grande Ourse et l’étoile Polaire y sont présentes) quelques secondes après la précédente. Nikon D750, Samyang 14mm f/2.8 MF Mark II – 15s, 4000ISO, f/4. RAW converti en JPG sur DxO Photolab 3, aucune correction activée, aucune retouche hormis une exposition à +1,5 pour mettre en évidence la surface et la différence de luminosité du vignettage avec le centre de l’image.

 

Zoom sur les 4 coins de l’image à f/4. Attention à ne pas confondre le bruit chromatique sciemment laissé sur l’image, avec les aberrations chromatiques aux abords des étoiles.

 

Vous trouverez ici les 2 images en JPG définition native du D750 (6016×4016) – toujours non corrigées et retouchées sauf l’exposition à +1 pour mieux observer le vignettage sur le fond de ciel. Les exifs sont aussi incluses dans les fichiers.

Raw converti à f/2.8

Raw converti à f/4

 

Un objectif aux performances étonnantes donc, surtout pour moins de 500€. Il se hisse au niveau de ses concurrents et se paye même le luxe d’être optiquement mieux corrigé que certains autres exemplaires…

En parlant de concurrence, le parallèle avec le Sigma ART 14mm f/1.8 peut être établi dans certains esprits. Si la marque japonaise propose un UGA de haut vol – avec un tarif en conséquence   je suis convaincu que l’écart de qualité d’image entre ces deux objectifs est bien plus petit ce celui qui sépare leur prix (le Sigma 14mm étant à 1499€). Un avis d’ailleurs partagé par d’autres astrophotographes aguerris qui ont vu les images de ce Samyang 14mm et qui connaissent bien également le 14mm Sigma.

 

Conclusion et points positifs / négatifs

Samyang propose une nouvelle version réussie de son optique best-seller, populaire dans le milieu de l’astrophotographie et du paysage nocturne. Agréable à utiliser et bien construit dans l’ensemble, il délivre une qualité d’image vraiment étonnante pour sa focale ultra grand-angle, à tel point que nous pouvons l’utiliser à pleine ouverture sans craindre de défauts visibles facilement…

Points +

  • Construction et nouvelle finition
  • Gestion des aberrations étonnante
  • Qualité d’image exploitable dès la pleine ouverture
  • Rapport qualité / prix / performance tout bonnement excellent

Points –

  • Un vignettage assez présent à pleine ouverture
  • Bague de blocage de mise au point : utile sur un UGA ?
  • Bague de « click » de l’ouverture un peu trop sensible lors des manipulations

Le Nouveau Samyang 14mm f/2.8 Mark II : test à venir en astrophotographie et paysage nocturne

  Le test complet est en ligne : TEST DU SAMYANG 14MM MkII   La marque d’objectif photo Samyang vient de sortir la version 2020 de son désormais célèbre 14mm f/2.8. Commercialisé depuis maintenant environ 10 ans, cet ultra grand angle permet aux photographes de découvrir les joies des images ultra grand angle et lumineuses sans se ruiner. Il est plébiscité auprès des astrophotographes, au point de le voir très fréquemment dans le sac photo des passionnés du ciel. Il […]

Imprimer ses photos pour les accrocher chez soi, les offrir ou les présenter lors d’une exposition est toujours très satisfaisant pour un photographe.

Il y a effectivement le petit « effet waouh » que l’on vit lorsque l’on découvre et que l’on regarde pour la première une fois sa photo autrement que sur un écran. Le rendu est différent, plus vivant, tangible, il réagit avec la lumière ambiante de la pièce. La taille de l’image peut être également plus importante qu’un affichage sur un ordinateur, dans le cadre de tirages en 60x40cm ou toute dimension supérieure. Enfin, accrocher sa photo au mur d’une pièce la positionne inconsciemment comme une petite oeuvre d’art. Et vous en êtes l’auteur !

Réaliser un tirage avec le rendu que l’on veut est un projet plutôt risqué et redouté par les amateurs et les professionnels soucieux de voir l’image avec le rendu souhaité. Nombreux sont ceux qui ont été déçus par une image (un peu) trop sombre, avec des couleurs trop fades, une teinte trop présente, un manque de détail…

En effet, de nombreux écueils séparent l’image affichée sur un écran de son homologue quasi identique sur papier (et cela rejoint le questionnaire mis en ligne plus tôt dans l’année), quelques exemples :

  • La densité des noirs : comment voyez-vous le noir sur votre image, sur votre écran ? Pensez-vous qu’il sera identique sur papier ? (Goût subjectif, réglage de l’écran avec le gamma…)
  • Force des couleurs : plutôt saturées, plutôt fades ? Seront-elles les mêmes une fois le tirage fait ? (là encore, goût subjectif, réglage de l’écran avec les préréglages d’usine ou l’espace colorimétrique utilisé)
  • Le détail (résolution et définition) : l’image que vous souhaitez imprimer correspond-elle à la taille du tirage ? Sa définition est-elle suffisante réellement ?
  • le papier ou le support choisi : chaque gamme de papier propose une texture (lisse, granuleux…), une absorption de l’encre, une restitution des couleurs et une finition (mat, vernis…) différente

 

Il est tout à fait possible de réaliser « soi-même » les tirages en passant par un service en ligne et d’obtenir des images satisfaisantes, cependant cela dépend de votre sujet photo (luminosité, couleurs…) ainsi que de vos réglages et de votre équipement (l’appareil photo ET l’ordinateur, en particulier l’écran). Dans la majorité des cas, vous obtiendrez une image qui se rapproche assez bien du rendu original, celui que vous voyez à l’écran.

 

Si j’écris cet article, c’est pour vous raconter mon expérience personnelle lors de mes différents tirages et ce qui m’a amené à passer par un laboratoire d’impression.

 

Lors de ma première exposition lors d’un festival photo à Loué en 2017, j’ai souhaité faire réaliser mes tirages par Saal Digital, un service en ligne bien connu basé en Allemagne. Si la qualité de leurs services est de bonne facture pour leurs prix, il n’y a pas de vérification et de validation avant l’envoi du tirage ! C’est-à-dire qu’entre ce que nous voyons sur nos écrans et leurs imprimantes, personne ne peut dire si le rendu est identique. Dans pas mal de cas, cela se traduit par une altération de l’image.

Cela n’a pas loupé pour mon exposition : sur une douzaine de photos, seules 5 étaient vraiment très bonnes. Les autres avaient un souci sur le rendu des noirs, elles étaient un peu trop sombres, les couleurs un peu fades. J’exposais à côté de Nicolas Orillard-Demaire, qui, avec ses tirages très grand format à plus d’un millier d’euros pièce (valeur de l’objet, pas la valeur de l’image), m’a donné presque honte à mes tirages…

La faute n’est pas à rejeter sur la préparation des fichiers que j’ai réalisés ni du workflow personnel : je travaille sur moniteur Samsung F2380M (son test) calibré à la sonde Datacolor Spyder Pro 4, dans des conditions de travail optimisé (orientation par rapport aux fenêtres, éclairage de la pièce…), l’espace colorimétrique est du Adobe RGB 1998 depuis les 2 Nikon D750, la gestion des fichiers et des images est toujours bonne (fichiers RAW ou TIFF 16 bits) et j’ai pu engranger quelques connaissances sur la théorie sur les couleurs au fil des années.

Non, ici il s’agit d’un maillon manquant dans la chaîne d’impression entre ce que l’on voit (et ce que l’on veut) sur son écran, et ce qu’il va être imprimé.

Pour y pallier et pour répondre au besoin d’avoir la certitude d’avoir le même rendu que sur les logiciels de traitement, il faut passer par un laboratoire indépendant, avec l’aide d’un tireur professionnel.

 

Avec l’exposition de paysage nocturne et d’astrophotographie « Les Couleurs de la Nuit » qui a été visible à 2 festivals de photographie ainsi qu’à une exposition, j’ai souhaité confier cette tâche à Florian Sau avec son laboratoire Impression Fine Art, situé au Mans (Sarthe).

J’ai connu son travail et ses réalisations via les publications et le travail d’autres photographes en Sarthe, notamment Simon Lagoarde; ce qui m’a donné envie de travailler avec lui avant de prendre contact, c’est le sentiment de pouvoir être accompagné et d’avoir le contrôle sur tous les aspects de l’impression.

 

Effectivement, dès le premier rendez-vous, on est écouté et accompagné. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de connaissances en matière de tirages photo, Florian m’a bien détaillé chaque aspect de ce qui allait se passer pour le tirage de l’exposition.

Cela commence par le choix de la gamme du papier :

  • Quel est celui qui correspond le mieux au sujet photographié, avec ses contraintes et ses spécificités, mais aussi au budget alloué pour l’exposition ?
  • Faut-il choisir un papier mat ou un papier satiné ?
  • Avec une densité (le terme adéquat est main) importante au mètre carré ou non ?
  • La texture lisse, fine ou fibreuse ?
  • Le rendu des noirs profond ou nuancé et détaillé ?
  • Le point de diffusion de l’encre dans le papier précis ou légèrement diffus ?
  • Est-il nécessaire d’appliquer un vernis d’art ?

Ce sont autant d’aspects que le tireur va expliquer en détail pour que l’on puisse choisir au mieux le meilleur produit. Avec les explications techniques sur les caractéristiques des photos de paysage nocturne, Florian m’a conseillé le papier Canson Infinity Baryta Prestige. La finition satinée de ce produit ajoute à la fois de la texture et du brillant, mais sans s’exprimer par-dessus l’image. Il donne également une très belle dynamique aux couleurs tout en proposant une profondeur importante dans les noirs là où il faut : sur les images de ciel profond et notamment celle de la grande mosaïque de la Voie Lactée (visible ici en Ultra Haute Définition sur Astrobin), le détail dans les noirs est tel que nous pouvons voir la différence entre des poches de poussière sombre et un fond de ciel à peine plus clair de quelques points seulement. Bluffant !

 

Ensuite vient l’étape de la vérification des fichiers pour une première validation. Florian m’a demandé de regarder avec lui toutes les images de l’exposition sur l’écran de sa station de travail, pour vérifier ensemble que ce que nous voyons est conforme à ce que j’ai réalisé chez moi, mais aussi pour me prévenir sur d’éventuels problèmes que nous pourrions rencontrer lors du tirage. Avec son expérience, il possède quelque chose que nous n’avons pas : il sait ce que va donner à l’avance chaque teinte, chaque zone de l’image sur le papier. C’est un vrai plus de se reposer sur cette capacité acquise au fil des tirages à interpréter une image sur un écran sur sa future version physique. C’est à ce moment-là que l’on risque de voir une différence entre la photo que nous voyons sur notre écran chez nous, et celle affichée sur l’écran du tireur, qui est calibré avec un profil correspondant à celui de son imprimante. Si besoin, il peut être possible de corriger la différence sur Photoshop pour retomber sur un rendu similaire à celui que vous souhaitez.

La dimension des images est vérifiée selon le format désiré, avec un contrôle sur la résolution. Si le format que l’on veut est trop grand, donc avec un risque de manque de détail ou l’apparition de crénelage sur les bords d’objets photographiés ou encore de pixels sur certaines zones, le tireur nous le dira. Il vaut mieux toujours tirer un peu plus petit que trop grand pour préserver la qualité de la photo, sauf si votre fichier est littéralement irréprochable et que vous shootez avec un appareil à très haute résolution (pleins formats comme le Nikon D850 et autres moyens formats…).

 

Après la validation sur écran de chaque image, il est possible de pousser la vérification des images plus loin, en effectuant des tirages d’épreuve. Le principe est simple : sur le même papier, la même imprimante et les même encres qui vont être utilisés pour tirer les versions finales (celles que vous emmènerez chez vous), une version miniature est imprimée puis amenée sur une table pour l’observer et la valider ensemble. Densité, force des couleurs, détails, tout est contrôlé en lumière directe (éclairage fort vers le papier) puis indirecte (éclairage plus faible et diffus), et des corrections sont annotées directement sur le papier d’épreuve pour que le tireur prenne en compte les ajustements à réaliser avant l’impression finale.

Cette option est payante, mais vous garantit un rendu exact de ce que vous souhaitez. Si l’objectif et d’avoir le meilleur rendu et la meilleure vision du travail réalisé en amont (traitement er retouches), on ne peut pas faire mieux en termes de vérification, tout simplement !

 

Tirage d’épreuve de l’exposition Les Couleurs de la Nuit, sur un rouleau de papier Canson Infinity Baryta Prestige. Eclairage à la Mandarine pour maitriser le flux de lumière.

 

Chaque image est annoté sur le tirage d’épreuve. Zones à revoir légèrement, ou au contraire, si tout est OK.

 

Mieux que des mots pour décrire le travail réalisé lors du tirage de mon exposition chez Impression Fine Art, la vérification des fichiers ainsi que les commentaires entre Florian et moi-même sur les épreuves ont été enregistrés en vidéo sur la chaîne Codex Photo :

 

 

 

En plus de ce qui a été abordé précédemment, il y a tout ce que l’on ne voit pas ou que l’on ne pense pas directement lorsque l’on va chez un tireur d’art :

  • L’utilisation de matériel professionnel avec une imprimante/traceur professionnel, des encres/pigments (dont le prix d’une recharge de toutes les cartouches dépasse les 2000€ d’après Florian), des supports Dibond de qualité, de colle au pH neutre…
  • Le savoir-faire au niveau de la manipulation des images lors de l’impression et du montage sur les supports (si c’est contrecollé par exemple)
  • le savoir-faire et les conseils sur l’emballage, le transport et le stockage des images avant leur accrochage final. On ne manipule ni ne stocke des tirages d’art comme on range une décoration achetée chez une grande enseigne… il faut faire notamment attention à la variation de température et de l’hygrométrie.

 

Il ne reste plus qu’à attendre quelques semaines, le temps que le tireur effectue les tirages puis l’assemblage sur le support voulu… et vous pourrez profiter de vos photos avec beaucoup de satisfaction !

Dans le cadre de l’exposition lors du festival photo Phot’Expo à Asnières-sur-Vègre, où j’affichais les tirages dans le Manoir de la Cour avec un éclairage soigné, les retours sur les photos étaient unanimes : le public, les photographes et les organisateurs ont beaucoup apprécié les photos ainsi que leur présence au niveau des couleurs, surtout pour des images réalisées la nuit.

 

Sachez qu’il est possible d’avoir les images de mon exposition avec exactement le même papier utilisé et réalisé par Impression Fine Art, disponible sur la page des Tirages d’Art et Reproductions

 

En bonus, un commentaire sur un tirage 120x60cm de l’une des images :

En attendant la mise en place demain au Manoir de la Cour des 14 tirages que j'ai récupéré cet après-midi chez Florian Sau – Impression Fine Art, petit tour du rendu des images sur le papier Canson Infinity sur un 120x60cm (l'image ne sera pas utilisée pour l'exposition, elle n'est pas contrecollée sur Dibond).Un vrai régal pour les yeux, mais aussi un affichage exigent, car le moindre défaut ou "flemmardise" de traitement ou de retouche se voit sans problème.Sur cette photo, un détourage a été fait à la plume sur Photoshop, et le papier est impardonnable : le lissage de 1px de la sélection après détourage se voit sur une petite partie de la photo. Il faut le savoir… mais c'est déjà trop !Le rendu sur la vidéo est différent de ce que l'on voit en vrai, l'image est plus sombre.

Publiée par Maxime Oudoux sur Jeudi 6 juin 2019