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Category : Astrophotographie

Photos de la comète Neowise depuis la Réserve Internationale de Ciel Etoilé des Cévennes

C’est l’événement astronomique auquel vous n’avez pas pu y échapper depuis le début du mois de juillet : la comète C/2020 F3 Neowise ! 🙂 J’ai eu la chance de pouvoir la photographier et l’observer pendant les Nuits du Causse Noir, un rassemblement d’astronomes et d’astrophotographes amateurs de toute la France (pour en savoir plus : https://www.nuits-causse-noir.fr/ ). La particularité de ce site est qu’il se situe dans la Réserve Internationale de Ciel Etoilé (RICE) des Cévennes : cette zone […]

Commercialisé depuis maintenant environ 10 ans, cet ultra grand-angle permet aux photographes de découvrir les joies des images larges et lumineuses avec un bon rapport qualité-prix. Plébiscité auprès des astrophotographes, nous le rencontrons très fréquemment dans le sac photo des passionnés du ciel.

Samyang propose un nouveau modèle « Mark II », héritier de son prédécesseur. Il conserve en effet les caractéristiques principales (focale, ouverture, focus manuel), mais la marque sud-coréenne a modernisé la formule optique et la construction, comme nous pourrons le découvrir un peu plus bas.

L’objectif a été annoncé à la fin mai 2020 et commercialisé le mois suivant, toutefois j’ai pu avoir l’un des tout premiers exemplaires sur le territoire européen et l’emmener avec moi lors de mon séjour en Auvergne et en Aubrac, à côté de mon matériel panoramique.

Je vais donc vous donner un résumé et un ressenti complet à son sujet.

 

Commençons par la fiche technique de ce Samyang 14mm MF Mark II :

  • Focale : 14 mm (équivalent 22 mm en APS-C)
  • Format de capteur : plein format, APS-C et 4/3
  • Ouverture maximale : f/2,8
  • Ouverture minimale : f/22
  • Construction optique : 14 éléments répartis en 10 groupes dont 3 lentilles haute réfraction, 1 lentille hybride asphérique, 1 lentille asphérique et 2 éléments à faible dispersion
  • Diaphragme : 9 lamelles
  • Diamètre du filtre :  – (un porte-filtre avec adaptateur est nécessaire)
  • Tropicalisation : oui, joint d’étanchéité sur la monture (baïonnette)
  • Poids : 649 g en Canon EF, 641 g en Nikon F, 708 g en Sony E, 694 g en Fuji X, 695 g en Canon M et 692 g en Micro 4/3
  • Montures compatibles : Canon EF, Nikon F, Sony E, Fuji X, Canon M, 4/3″

 

Construction et prise en main

La nouvelle version du 14mm a droit à un nouveau design, qu’il partage avec le 85mm f/1.4, également mis à jour. Plus de cerclage rouge ou doré, mais un fût très sobre, noir et argent. Les inscriptions de distances de mise au point sont visibles avec une couleur et une typographie qui peut nous faire penser à certaines anciennes optiques (le Nikkor 50mm f/1.8 AF-D par exemple). Ce nouveau design est vraiment réussi, mais semble succomber à la tendance générale de proposer des optiques très sobres depuis quelques années (Sigma, Tamron, Tokina notamment).

Le 14mm possède une bague de mise au point offrant une prise correcte ; sa course et longue et sa manipulation précise. En plus de celle-ci, le Mark II retrouve la bague d’ouverture habituelle sur les optiques Samyang manuelles, permettant de contrôler l’ouverture comme sur les anciens objectifs. Une nouveauté fait son apparition ici : la possibilité de « libérer » cette bague grâce à la fonction « declick », placée sur l’anneau argenté. Une fois en position « free », la bague d’ouverture n’oppose plus de résistance et se manipule de manière fluide. Cette fonction pourrait intéresser les vidéastes qui recherchent des contrôles doux et fluides de focus et de gestion de la profondeur de champ.

Autre nouveauté, la possibilité de verrouiller la mise au point avec une bague dédiée. En position « lock », il n’est donc plus possible de changer – y compris sans le vouloir – une mise au point que nous aurions fait avec précision sur le ciel (méthode du liveview). Cette fonctionnalité est intéressante, mais plutôt superflue sur un ultra grand-angle, sachant que la distance de mise au point hyperfocale est assez rapidement atteinte.

Côté filtrage, il n’y a pas de filetage présent sur le 14mm MkII, à l’instar de la première version. Il faudra attendre que des marques spécialisées (NiSi, Cokin…) développent des adaptateurs pour pouvoir utiliser un porte-filtre sur cet objectif.

 

 

L’ensemble respire la solidité et la qualité de construction. Le fût, la bague en caoutchouc sont agréables au toucher. L’objectif a pris du « poil de la bête » comparé à son prédécesseur : le Mark II est plus large et plus lourd. Ayant eu dans la main un MkI et un MkII, le nouvel ultra grand-angle semble comme être conçu par des marques plus « prestigieuses » tant il fait forte impression – un sentiment partagé par les quelques photographes amateurs et professionnels que j’ai rencontré lors d’une sortie commune dans le Cézallier. Pour parfaire sa qualité de construction, un joint d’étanchéité est présent au niveau de la baïonnette, ce qui n’était pas le cas avant.

Lors de ce mini-trip de 5 jours en Auvergne (bien trop court !), le 14mm était à côté de mon matériel de prise de vue panoramique (Samyang 35mm f/1.4 et tête panoramique Nodal Ninja 6 RD-16II).

 

Lors de mes premières images avec cet ultra grand-angle au sommet du Puy Mary, j’ai pu constater qu’il se manipule facilement : la précision (course + dureté) de la bague de mise au point est bien dosée pour réaliser des prises de vues demandant de la précision (focus stacking par exemple). En revanche, la bague d’ouverture de mon exemplaire est un peu sensible aux manipulations, si bien qu’elle tourne trop facilement sous nos doigts. Il faut bien faire attention à l’ouverture utilisée, surtout de nuit et sur des boîtiers qui ne communiquent pas avec l’objectif ! Sur un boitier Nikon, l’erreur « fEE » apparaît dès que nous ne sommes pas placés à f/22.

Utiliser un 14mm en photo de paysage est un exercice plaisant, notamment pour capturer des portions proches du sol en format portrait ; il autorise des cadrages et des compositions assez créatives, rapidement et simplement. De nuit, vous capturez une portion relativement large du ciel d’un seul coup – surtout si vous utilisez un reflex plein format. Par exemple, il est possible de photographier en une prise tout le Triangle de l’Été jusqu’au centre de la Voie Lactée, avec une partie du sol. Du grand luxe comparé à la photographie panoramique ! 😉

 

Il est quand même chouette à utiliser de jour !

 

Un beau champ de narcisses près du Lac des Moines, dans l’Aubrac. La lumière zodiacale est visible dans le ciel (bande légèrement lumineuse et oblique)

 

Un bel arbre mort, trouvé au détour d’un chemin dans le Cézallier

 

Un chemin anonyme dans l’Aubrac 

 

Qualité d’image en paysage nocturne / astrophotographie

Autant l’annoncer directement, le nouveau 14mm est bon, et même très bon pour un ultra grand-angle.

Samyang a fait un travail important pour améliorer l’objectif, car l’ancienne version pouvait souffrir de quelques soucis : il fallait fermer un peu son diaphragme pour limiter les aberrations chromatiques ou la coma dans les coins et bénéficier d’images plus qualitatives en astrophotographie. À noter tout de même que la grande majorité des UGA sont souvent sujets à ce type de soucis. Autre problème connu, le 14mm MkI peut avoir un souci de mise au point à l’infini qui n’était pas possible : la bague de mise au point arrivait en butée avant de pouvoir avoir une netteté correcte sur les étoiles (plusieurs astuces permettent de corriger ce problème si nous y sommes confrontés).

Le MarkII ne souffre plus de ces défauts. Mieux, il est même quasiment exploitable à pleine ouverture !

À f/2.8, les images présentent des étoiles relativement bien définies sur l’ensemble du champ photographié. Le centre de l’image est un peu plus piqué, mais la différence avec les bords est plutôt minime. Attention tout de même aux étoiles lumineuses (celles composant les constellations ou celles encore plus lumineuses, comme Vega, Antares, Capella…), elles sont représentées par un point de diamètre plutôt gros et un peu baveux, ce qui dénote de la finesse des autres étoiles. Le vignettage est marqué, principalement sur les parties gauches et droites du champ. S’il peut être corrigé sur les logiciels de traitement comme DxO Photolab ou Lightroom (pour ne citer qu’eux), la différence de luminosité reste importante. Il peut donc gêner et créer des images globalement plutôt sombres (il faudra peut-être compenser avec une sensibilité ISO un peu plus élevée).

Le Samyang 14mm est bluffant sur sa gestion de la coma et des aberrations chromatiques dès la pleine ouverture. C’est simple : il y en a très peu. Au centre du champ, les étoiles de la constellation de la Grande Ourse sont à peine entourées d’une marque de diffraction chromatique violette, peu étendue et visible que sur le périmètre opposé de l’étoile au centre de l’image. Une simple gestion des aberrations sur Lightroom ou DxO les fera complètement disparaître sans créer d’artefacts de retouche visibles (cerclage gris/noir). Au bord, des étoiles peu ou moyennement lumineuses ne présentent pas d’aberration chromatique. A voir avec une étoile de forte magnitude dans un coin de l’image, mais cela semble très prometteur ! La coma est quasiment inexistante, sauf dans mon cas sur le coin supérieur gauche de l’image, avec une déformation visible sur quelques étoiles.

 

Image de la région Nord du ciel (la grande Ourse et l’étoile Polaire y est présente). Nikon D750, Samyang 14mm f/2.8 MF Mark II – 15s, 4000ISO, f/2.8. RAW converti en JPG sur DxO Photolab 3, aucune correction activée, aucune retouche hormis une exposition à +1,5 pour mettre en évidence plus facilement la surface et la différence de luminosité du vignettage avec le centre de l’image. Attention à ne pas confondre le bruit chromatique sciemment laissé sur l’image, avec les aberrations chromatiques aux abords des étoiles.

 

Zoom sur les 4 coins de l’image à f/2.8 (!). Attention à ne pas confondre le bruit chromatique sciemment laissé sur l’image, avec les aberrations chromatiques aux abords des étoiles.

 

À f/4, l’évolution de la qualité d’image est subtile, mais néanmoins bien réelle. Le vignettage est bien moins marqué qu’à f/2.8, mais il subsiste encore des zones sombres et verticales sur le côté gauche et droite du champ. Les étoiles sont logiquement mieux définies, sans pour autant voir une différence marquante. Les aberrations chromatiques deviennent très difficilement observables, voire négligeables. En revanche, la coma possède la même forme et la même taille sur les images que j’ai pu réaliser. À ce stade, je peux dire que le Samyang est très bien corrigé pour la coma et qu’il y a peut-être du tilt dans le montage boitier/objectif…

 

Image de la région Nord du ciel (la grande Ourse et l’étoile Polaire y sont présentes) quelques secondes après la précédente. Nikon D750, Samyang 14mm f/2.8 MF Mark II – 15s, 4000ISO, f/4. RAW converti en JPG sur DxO Photolab 3, aucune correction activée, aucune retouche hormis une exposition à +1,5 pour mettre en évidence la surface et la différence de luminosité du vignettage avec le centre de l’image.

 

Zoom sur les 4 coins de l’image à f/4. Attention à ne pas confondre le bruit chromatique sciemment laissé sur l’image, avec les aberrations chromatiques aux abords des étoiles.

 

Vous trouverez ici les 2 images en JPG définition native du D750 (6016×4016) – toujours non corrigées et retouchées sauf l’exposition à +1 pour mieux observer le vignettage sur le fond de ciel. Les exifs sont aussi incluses dans les fichiers.

Raw converti à f/2.8

Raw converti à f/4

 

Un objectif aux performances étonnantes donc, surtout pour moins de 500€. Il se hisse au niveau de ses concurrents et se paye même le luxe d’être optiquement mieux corrigé que certains autres exemplaires…

En parlant de concurrence, le parallèle avec le Sigma ART 14mm f/1.8 peut être établi dans certains esprits. Si la marque japonaise propose un UGA de haut vol – avec un tarif en conséquence   je suis convaincu que l’écart de qualité d’image entre ces deux objectifs est bien plus petit ce celui qui sépare leur prix (le Sigma 14mm étant à 1499€). Un avis d’ailleurs partagé par d’autres astrophotographes aguerris qui ont vu les images de ce Samyang 14mm et qui connaissent bien également le 14mm Sigma.

 

Conclusion et points positifs / négatifs

Samyang propose une nouvelle version réussie de son optique best-seller, populaire dans le milieu de l’astrophotographie et du paysage nocturne. Agréable à utiliser et bien construit dans l’ensemble, il délivre une qualité d’image vraiment étonnante pour sa focale ultra grand-angle, à tel point que nous pouvons l’utiliser à pleine ouverture sans craindre de défauts visibles facilement…

Points +

  • Construction et nouvelle finition
  • Gestion des aberrations étonnante
  • Qualité d’image exploitable dès la pleine ouverture
  • Rapport qualité / prix / performance tout bonnement excellent

Points –

  • Un vignettage assez présent à pleine ouverture
  • Bague de blocage de mise au point : utile sur un UGA ?
  • Bague de « click » de l’ouverture un peu trop sensible lors des manipulations

Le Nouveau Samyang 14mm f/2.8 Mark II : test à venir en astrophotographie et paysage nocturne

  Le test complet est en ligne : TEST DU SAMYANG 14MM MkII   La marque d’objectif photo Samyang vient de sortir la version 2020 de son désormais célèbre 14mm f/2.8. Commercialisé depuis maintenant environ 10 ans, cet ultra grand angle permet aux photographes de découvrir les joies des images ultra grand angle et lumineuses sans se ruiner. Il est plébiscité auprès des astrophotographes, au point de le voir très fréquemment dans le sac photo des passionnés du ciel. Il […]

Imprimer ses photos pour les accrocher chez soi, les offrir ou les présenter lors d’une exposition est toujours très satisfaisant pour un photographe.

Il y a effectivement le petit “effet waouh” que l’on vit lorsque l’on découvre et que l’on regarde pour la première une fois sa photo autrement que sur un écran. Le rendu est différent, plus vivant, tangible, il réagit avec la lumière ambiante de la pièce. La taille de l’image peut être également plus importante qu’un affichage sur un ordinateur, dans le cadre de tirages en 60x40cm ou toute dimension supérieure. Enfin, accrocher sa photo au mur d’une pièce la positionne inconsciemment comme une petite oeuvre d’art. Et vous en êtes l’auteur !

Réaliser un tirage avec le rendu que l’on veut est un projet plutôt risqué et redouté par les amateurs et les professionnels soucieux de voir l’image avec le rendu souhaité. Nombreux sont ceux qui ont été déçus par une image (un peu) trop sombre, avec des couleurs trop fades, une teinte trop présente, un manque de détail…

En effet, de nombreux écueils séparent l’image affichée sur un écran de son homologue quasi identique sur papier (et cela rejoint le questionnaire mis en ligne plus tôt dans l’année), quelques exemples :

  • La densité des noirs : comment voyez-vous le noir sur votre image, sur votre écran ? Pensez-vous qu’il sera identique sur papier ? (Goût subjectif, réglage de l’écran avec le gamma…)
  • Force des couleurs : plutôt saturées, plutôt fades ? Seront-elles les mêmes une fois le tirage fait ? (là encore, goût subjectif, réglage de l’écran avec les préréglages d’usine ou l’espace colorimétrique utilisé)
  • Le détail (résolution et définition) : l’image que vous souhaitez imprimer correspond-elle à la taille du tirage ? Sa définition est-elle suffisante réellement ?
  • le papier ou le support choisi : chaque gamme de papier propose une texture (lisse, granuleux…), une absorption de l’encre, une restitution des couleurs et une finition (mat, vernis…) différente

 

Il est tout à fait possible de réaliser “soi-même” les tirages en passant par un service en ligne et d’obtenir des images satisfaisantes, cependant cela dépend de votre sujet photo (luminosité, couleurs…) ainsi que de vos réglages et de votre équipement (l’appareil photo ET l’ordinateur, en particulier l’écran). Dans la majorité des cas, vous obtiendrez une image qui se rapproche assez bien du rendu original, celui que vous voyez à l’écran.

 

Si j’écris cet article, c’est pour vous raconter mon expérience personnelle lors de mes différents tirages et ce qui m’a amené à passer par un laboratoire d’impression.

 

Lors de ma première exposition lors d’un festival photo à Loué en 2017, j’ai souhaité faire réaliser mes tirages par Saal Digital, un service en ligne bien connu basé en Allemagne. Si la qualité de leurs services est de bonne facture pour leurs prix, il n’y a pas de vérification et de validation avant l’envoi du tirage ! C’est-à-dire qu’entre ce que nous voyons sur nos écrans et leurs imprimantes, personne ne peut dire si le rendu est identique. Dans pas mal de cas, cela se traduit par une altération de l’image.

Cela n’a pas loupé pour mon exposition : sur une douzaine de photos, seules 5 étaient vraiment très bonnes. Les autres avaient un souci sur le rendu des noirs, elles étaient un peu trop sombres, les couleurs un peu fades. J’exposais à côté de Nicolas Orillard-Demaire, qui, avec ses tirages très grand format à plus d’un millier d’euros pièce (valeur de l’objet, pas la valeur de l’image), m’a donné presque honte à mes tirages…

La faute n’est pas à rejeter sur la préparation des fichiers que j’ai réalisés ni du workflow personnel : je travaille sur moniteur Samsung F2380M (son test) calibré à la sonde Datacolor Spyder Pro 4, dans des conditions de travail optimisé (orientation par rapport aux fenêtres, éclairage de la pièce…), l’espace colorimétrique est du Adobe RGB 1998 depuis les 2 Nikon D750, la gestion des fichiers et des images est toujours bonne (fichiers RAW ou TIFF 16 bits) et j’ai pu engranger quelques connaissances sur la théorie sur les couleurs au fil des années.

Non, ici il s’agit d’un maillon manquant dans la chaîne d’impression entre ce que l’on voit (et ce que l’on veut) sur son écran, et ce qu’il va être imprimé.

Pour y pallier et pour répondre au besoin d’avoir la certitude d’avoir le même rendu que sur les logiciels de traitement, il faut passer par un laboratoire indépendant, avec l’aide d’un tireur professionnel.

 

Avec l’exposition de paysage nocturne et d’astrophotographie “Les Couleurs de la Nuit” qui a été visible à 2 festivals de photographie ainsi qu’à une exposition, j’ai souhaité confier cette tâche à Florian Sau avec son laboratoire Impression Fine Art, situé au Mans (Sarthe).

J’ai connu son travail et ses réalisations via les publications et le travail d’autres photographes en Sarthe, notamment Simon Lagoarde; ce qui m’a donné envie de travailler avec lui avant de prendre contact, c’est le sentiment de pouvoir être accompagné et d’avoir le contrôle sur tous les aspects de l’impression.

 

Effectivement, dès le premier rendez-vous, on est écouté et accompagné. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de connaissances en matière de tirages photo, Florian m’a bien détaillé chaque aspect de ce qui allait se passer pour le tirage de l’exposition.

Cela commence par le choix de la gamme du papier :

  • Quel est celui qui correspond le mieux au sujet photographié, avec ses contraintes et ses spécificités, mais aussi au budget alloué pour l’exposition ?
  • Faut-il choisir un papier mat ou un papier satiné ?
  • Avec une densité (le terme adéquat est main) importante au mètre carré ou non ?
  • La texture lisse, fine ou fibreuse ?
  • Le rendu des noirs profond ou nuancé et détaillé ?
  • Le point de diffusion de l’encre dans le papier précis ou légèrement diffus ?
  • Est-il nécessaire d’appliquer un vernis d’art ?

Ce sont autant d’aspects que le tireur va expliquer en détail pour que l’on puisse choisir au mieux le meilleur produit. Avec les explications techniques sur les caractéristiques des photos de paysage nocturne, Florian m’a conseillé le papier Canson Infinity Baryta Prestige. La finition satinée de ce produit ajoute à la fois de la texture et du brillant, mais sans s’exprimer par-dessus l’image. Il donne également une très belle dynamique aux couleurs tout en proposant une profondeur importante dans les noirs là où il faut : sur les images de ciel profond et notamment celle de la grande mosaïque de la Voie Lactée (visible ici en Ultra Haute Définition sur Astrobin), le détail dans les noirs est tel que nous pouvons voir la différence entre des poches de poussière sombre et un fond de ciel à peine plus clair de quelques points seulement. Bluffant !

 

Ensuite vient l’étape de la vérification des fichiers pour une première validation. Florian m’a demandé de regarder avec lui toutes les images de l’exposition sur l’écran de sa station de travail, pour vérifier ensemble que ce que nous voyons est conforme à ce que j’ai réalisé chez moi, mais aussi pour me prévenir sur d’éventuels problèmes que nous pourrions rencontrer lors du tirage. Avec son expérience, il possède quelque chose que nous n’avons pas : il sait ce que va donner à l’avance chaque teinte, chaque zone de l’image sur le papier. C’est un vrai plus de se reposer sur cette capacité acquise au fil des tirages à interpréter une image sur un écran sur sa future version physique. C’est à ce moment-là que l’on risque de voir une différence entre la photo que nous voyons sur notre écran chez nous, et celle affichée sur l’écran du tireur, qui est calibré avec un profil correspondant à celui de son imprimante. Si besoin, il peut être possible de corriger la différence sur Photoshop pour retomber sur un rendu similaire à celui que vous souhaitez.

La dimension des images est vérifiée selon le format désiré, avec un contrôle sur la résolution. Si le format que l’on veut est trop grand, donc avec un risque de manque de détail ou l’apparition de crénelage sur les bords d’objets photographiés ou encore de pixels sur certaines zones, le tireur nous le dira. Il vaut mieux toujours tirer un peu plus petit que trop grand pour préserver la qualité de la photo, sauf si votre fichier est littéralement irréprochable et que vous shootez avec un appareil à très haute résolution (pleins formats comme le Nikon D850 et autres moyens formats…).

 

Après la validation sur écran de chaque image, il est possible de pousser la vérification des images plus loin, en effectuant des tirages d’épreuve. Le principe est simple : sur le même papier, la même imprimante et les même encres qui vont être utilisés pour tirer les versions finales (celles que vous emmènerez chez vous), une version miniature est imprimée puis amenée sur une table pour l’observer et la valider ensemble. Densité, force des couleurs, détails, tout est contrôlé en lumière directe (éclairage fort vers le papier) puis indirecte (éclairage plus faible et diffus), et des corrections sont annotées directement sur le papier d’épreuve pour que le tireur prenne en compte les ajustements à réaliser avant l’impression finale.

Cette option est payante, mais vous garantit un rendu exact de ce que vous souhaitez. Si l’objectif et d’avoir le meilleur rendu et la meilleure vision du travail réalisé en amont (traitement er retouches), on ne peut pas faire mieux en termes de vérification, tout simplement !

 

Tirage d’épreuve de l’exposition Les Couleurs de la Nuit, sur un rouleau de papier Canson Infinity Baryta Prestige. Eclairage à la Mandarine pour maitriser le flux de lumière.

 

Chaque image est annoté sur le tirage d’épreuve. Zones à revoir légèrement, ou au contraire, si tout est OK.

 

Mieux que des mots pour décrire le travail réalisé lors du tirage de mon exposition chez Impression Fine Art, la vérification des fichiers ainsi que les commentaires entre Florian et moi-même sur les épreuves ont été enregistrés en vidéo sur la chaîne Codex Photo :

 

 

 

En plus de ce qui a été abordé précédemment, il y a tout ce que l’on ne voit pas ou que l’on ne pense pas directement lorsque l’on va chez un tireur d’art :

  • L’utilisation de matériel professionnel avec une imprimante/traceur professionnel, des encres/pigments (dont le prix d’une recharge de toutes les cartouches dépasse les 2000€ d’après Florian), des supports Dibond de qualité, de colle au pH neutre…
  • Le savoir-faire au niveau de la manipulation des images lors de l’impression et du montage sur les supports (si c’est contrecollé par exemple)
  • le savoir-faire et les conseils sur l’emballage, le transport et le stockage des images avant leur accrochage final. On ne manipule ni ne stocke des tirages d’art comme on range une décoration achetée chez une grande enseigne… il faut faire notamment attention à la variation de température et de l’hygrométrie.

 

Il ne reste plus qu’à attendre quelques semaines, le temps que le tireur effectue les tirages puis l’assemblage sur le support voulu… et vous pourrez profiter de vos photos avec beaucoup de satisfaction !

Dans le cadre de l’exposition lors du festival photo Phot’Expo à Asnières-sur-Vègre, où j’affichais les tirages dans le Manoir de la Cour avec un éclairage soigné, les retours sur les photos étaient unanimes : le public, les photographes et les organisateurs ont beaucoup apprécié les photos ainsi que leur présence au niveau des couleurs, surtout pour des images réalisées la nuit.

 

Sachez qu’il est possible d’avoir les images de mon exposition avec exactement le même papier utilisé et réalisé par Impression Fine Art, disponible sur la page des Tirages d’Art et Reproductions

 

En bonus, un commentaire sur un tirage 120x60cm de l’une des images :

En attendant la mise en place demain au Manoir de la Cour des 14 tirages que j'ai récupéré cet après-midi chez Florian Sau – Impression Fine Art, petit tour du rendu des images sur le papier Canson Infinity sur un 120x60cm (l'image ne sera pas utilisée pour l'exposition, elle n'est pas contrecollée sur Dibond).Un vrai régal pour les yeux, mais aussi un affichage exigent, car le moindre défaut ou "flemmardise" de traitement ou de retouche se voit sans problème.Sur cette photo, un détourage a été fait à la plume sur Photoshop, et le papier est impardonnable : le lissage de 1px de la sélection après détourage se voit sur une petite partie de la photo. Il faut le savoir… mais c'est déjà trop !Le rendu sur la vidéo est différent de ce que l'on voit en vrai, l'image est plus sombre.

Publiée par Maxime Oudoux sur Jeudi 6 juin 2019

PHOT’EXPO Ou Les Rencontres Photographiques

Cette année, j’aurai l’opportunité et l’honneur de présenter mon travail sur les paysages nocturnes et l’astrophotographie lors de plusieurs expositions en Sarthe. La première, PHOT’EXPO Ou Les Rencontres Photographiques, aura lieu dans le village d’Asnières-sur-Vègre le 8,9 et 10 juin prochain (je présenterai la prochaine un peu plus tard dans l’année). Etant invité d’honneur, les tirages seront exposés dans le Manoir de la Cour. Ce sera l’occasion de vous rencontrer et d’échanger sur la technique, les astuces ou papoter sur autre chose ! […]

Photographier le ciel est une discipline magique et fascinante, rendue possible pour la majorité du grand public grâce à des appareils photos toujours plus performants pour capturer la lumière venue des étoiles souvent très lointaines de notre galaxie.

Aujourd’hui, réaliser un portrait de la Voie Lactée nécessite simplement quelques connaissances et réglages de base, un trépied, un appareil photo avec réglages manuels.

Avec une pratique régulière, l’envie de réaliser des images toujours plus poussées et impressionnantes arrive assez vite.

Malheureusement, les curieux et passionnés du ciel sont tous heurtés par 3 paramètres à un moment donné de leur pratique de l’astrophotographie :

–        la rotation de la Terre : elle empêche de réaliser des temps de pose longs – a fortiori avec des focales importantes – sous peine de voir les étoiles commencer à s’étirer à cause de leur déplacement sur l’image. Nous sommes limités à une douzaine de secondes de pose en moyenne. Or, c’est avec des temps de pose supérieurs que nous avons des résultats souvent plus intéressants !

–        la complexité et l’offre pléthorique des moyens techniques : compenser la rotation de la Terre n’est pas un souci du moment que nous avons des montures motorisées, capable de contrer ce mouvement avec précision… mais il est facile de se perdre dans les références, les différents types de systèmes lorsque l’on débute et même une certaine complexité à surmonter leur utilisation sur le terrain (montures allemandes motorisées par exemple : c’est stable, très répandu, mais il faut procéder à l’équilibrage, une mise en station précise, il y a un certain temps de « logistique » et ce n’est pas léger).

–        le prix : sauter le pas en achetant du matériel dédié a un coût ; l’astrophotographie peut rapidement devenir chère, très chère et ne pas être « rentabilisée » rapidement (nombre d’utilisation par mois, notamment à cause de la météo ou de sa vie personnelle).

Une réponse idéale à ces 3 problèmes est de créer un système simple de compenser la rotation de la Terre, transportable, facile d’utilisation à un prix plutôt réduit.

Depuis quelques années, de petites montures compactes et abordables sont apparues sur le marché. L’une des dernières en date est la Slik ECH-630, premier modèle de l’équipementier japonais spécialisé dans les trépieds et accessoires photo.

 

Avant de commencer à présenter dans les détails la monture, je tiens à préciser que ce modèle est en ma possession depuis fin 2017 ; j’ai pu l’utiliser dans plusieurs projets de prise de vue, à différents endroits en France, en utilisant plusieurs moyens de transport (voiture, train). Mon avis et retour d’expérience est impartial, mais pertinent concernant cet équipement.

 

La Slik ECH-630 en configuration équatoriale pour le suivi du ciel

 

La monture, vendue par Cokin France, est proposée en bundle avec la mini table équatoriale SMH-250 (l’une des plus compactes du marché) au prix de 349€

Une très belle offre exclusive : 50€ de remise et frais de ports offerts avec le code 5GUXNQGV (valable sur le site après avoir créé un compte)

Lien pour acheter le bundle Slik ECH-630 directement sur le site de Cokin France

 

 

Spécifications et détails techniques

La Slik ECH-630 est un modèle de la marque japonaise apparue dans son catalogue en 2017.

Elle fait partie de la « catégorie » des mini montures de voyage : d’une dimension réduite (86x84x65mm, soit grosso modo 2 boîtes d’allumettes réunies) et pesant 650g environ, elle peut accompagner le photographe partout : sa dimension lui permet de se placer très facilement dans un compartiment à objectif d’un sac photo.

 

La monture se glisse facilement dans un compartiment d’un sac photo; ici, mon sac photo est en configuration panoramique (la tête panoramique est à droite, dans les housses) mais je peux également faire de l’astrophotographie avec du suivi si j’ai envie !

 

Sa fabrication est robuste, le mélange de pièces plastique / aluminium / métal respire la qualité.

En France, l’angle d’inclinaison équatorial est en moyenne de 45° ; la charge utile théorique est donc d’environ 3kg au maximum (avec une bonne tête/rotule en bas pour que ça ne penche pas plus ! ), ce qui est vérifié en partie sur le terrain.

L’ECH-630 doit être fixée sur le trépied à l’aide d’une tête 3D ou d’une rotule ball, comme présente plus haut ; pour se faire, une fixation au pas du Congrès est présente en dessous. Un adaptateur pas du Congrès / pas Kodak est fourni en cas de soucis (fixation avec une semelle).

A noter également que Slik propose la mini table équatoriale SMH-250, désormais proposée en bundle avec la monture. Je possède un modèle prototype que je ne pouvais pas utiliser, cependant l’accessoire est bien pensé et réduit surtout le déport de masse vers le côté de la colonne du trépied.

Au-dessus, c’est une fixation en pas Kodak qui est présent sur la platine grise. Il faut également un adaptateur pas Congrès / pas Kodak pour monter une autre tête, de type rotule ball de préférence (pour limiter le déport de masse sur le côté et éviter que l’ensemble ne s’affaisse avec le temps pendant la session).

Il est à noter que la platine grise se retire du corps de la monture avec les deux vis frein doré, afin de fixer plus rapidement la rotule ball sur l’ECH-630.

 

Pour fixer le matériel sur la platine circulaire, il faut dévisser les 2 freins en laiton pour voir apparaître une “vis à main”

 

Si la partie concernant la fixation est un peu fastidieuse et mérite une correction (avoir un pas du Congrès d’emblée sur la platine grise supérieure est à mon sens inutile : très peu de personnes vont fixer son boitier directement sur l’ECH-630…), la mini monture se rattrape par une ergonomie d’utilisation assez remarquable.

L’interface extérieure se compose d’un bouton ON/OFF, d’un petit écran rétro éclairé monochrome (affichage inversé, blanc sur noir) et d’un pad de navigation / sélection. Lorsque l’ECH-630 est activée, les menus sont peu nombreux mais très clairs : nous devons choisir entre les 2 hémisphères (pour le sens de rotation), le mode de suivi (stellaire, solaire, lunaire, timelapse), et à démarrer la rotation.

Pour les personnes intéressées par le timelapse, plusieurs modes sont possibles : sens horaire ou antihoraire, choix du « panotage » de 5 à 360°, vitesse de rotation pour 360° de 15 minutes à 48h.

Le moteur pas à pas fait un bruit très faible (similaire au mouvement d’une montre), seul l’écran vous indique que cela fonctionne avec un chronomètre.

Activer l’ECH-630 prend donc à peine quelques secondes lorsque nous sommes habitués.

 

Allumage, sélection du mode (timelapse, suivi…), confirmation : c’est prêt !

 

L’autonomie est excellente, grâce à la présence de 4 piles AA, réparties par paire de chaque côté de la petite monture. L’écran indique la quantité d’énergie à disposition avec le nombre d’heures restant. Lorsque vous placez des piles neuves, il oscille entre 18h et 22h, selon la température ambiance (elle peut fonctionner sans soucis par -15°C, je l’ai fait dans les Hautes Alpes en hiver à 2100m d’altitude). Vous avez donc de quoi faire avant de les remplacer.

A propos de changement de piles, cette manipulation est très facile à faire, plus facile que sur une Star Adventurer Classic (je ne parle pas de la Mini), où il faut utiliser un objet plat et fin (couteau, tournevis) pour s’aider à les extraire.

Vous pouvez également alimenter la monture avec un mini port USB (DC 5V) et allonger considérablement son autonomie avec un powertank, si le besoin s’en ressent.

Petit aparté ici : attention à l’emploi de batteries externes pour alimenter des montures astronomiques nomades. Leur capacité en mAH et leur compacité (ainsi que leur prix) sont vraiment des atouts de taille, mais la « qualité » de l’énergie proposée est parfois instable à partir du milieu de la charge restante, provoquant de manière aléatoire des images avec des filés d’étoiles, car le moteur a plus de peine à déplacer l’ensemble du matériel. Préférez des piles AA, ou bien un powertank si vous avez besoin de beaucoup de réserve d’énergie pour un projet sur plusieurs jours : la constance de l’énergie fournie est meilleure au fil de la décharge.

 

Le sélecteur d’allumage, le mini USB pour l’alimentation en 5V, et l’un des 2 compartiments pour piles AA.

 

Dernier élément de la Slik ECH-630 : le viseur polaire.

Celui-ci est réduit à son plus simple appareil, puisqu’il est constitué de 2 trous de diamètre différents, placés de chaque côté de la monture. Ils se montrent à la fois extrêmement simples d’utilisation sur le papier, mais difficiles à maîtriser sur le terrain pour les débutants : pour effectuer la mise en station de la monture (je ne vais pas détailler ici cette opération obligatoire, voici un lien pour dégrossir rapidement le sujet : La mise en station ), vous devez placer l’étoile Polaire dans le viseur, et c’est tout. Il n’y a pas de mire à l’intérieur. Cela nécessite de regarder au loin, vers l’étoile, et de voir son éclat à travers le trou du viseur de l’ECH-630, qui elle sera floue de votre point de vue.

Lors de mes utilisations, je n’ai jamais eu besoin de viser l’étoile avec le plus petit des 2 viseurs, le gain en précision devant être certain (néanmoins utile ?), mais la mise en station plus fastidieuse.

Après quelques essais seulement, la mise en station de la mini monture se fait vite. Je vous conseille de vous entraîner un peu avant et tout se passera pour le mieux après !

 

2 viseurs polaires sont présents au travers du corps de l’ECH-630 : ce sont les 2 trous situés sur les coins supérieurs sur la photo de gauche. A droite, nous pouvons voir la taille du “champ” du viseur sur une grue située à quelques centaines de mètres. Je n’ai jamais utilisé le petit viseur polaire, car sa taille rend la visée de l’étoile Polaire assez difficile, et l’autre viseur fait le boulot.

 

Utilisation de l’ECH-630 : les tests sur le terrain

Sur place, l’ECH-630 se manipule très bien dans le noir. Sa petite taille et son ergonomie sont très appréciables pour commencer rapidement la prise de vue – si vous avez pris auparavant le soin de placer les adaptateurs.

Cette monture se destine à des projets d’image avec des focales allant du Fisheye / Ultra Grand Angle (14mm environ) jusqu’au petit téléobjectif (100mm de focale environ).

De manière concrète, l’emploi d’une petite monture de voyage comme celle-ci permet d’allonger les temps de pose pour passer de quelques secondes à plusieurs minutes sans problème. Le gain en termes de qualité d’image et de détails sur le fond du ciel est très appréciable, et ouvre une nouvelle perspective dans la pratique de l’astrophotographie.

 

Voici quelques chiffres pour comparer les temps de pose avec et sans le Slik ECH-630 :

Notez que ces chiffres sont des données que j’ai pu vérifier moi-même et à plusieurs reprises, elles ne sont pas fournies par la marque. A chaque fois, la monture est utilisée sur un trépied moyen/haut de gamme (Benro Travel Angel et rotule ball Benro B1) et avec la rotule ball Slik 525DS.

Les cibles étaient sur l’équateur céleste, zone où le ciel se déplace le plus vite (vitesse angulaire la plus élevée).

Notez également que ces chiffres peuvent varier de vos essais, selon la qualité de la mise en station, des serrages, du trépied, de la zone du ciel que vous pointez. Vous pourrez poser encore plus longtemps si vous visez une zone du ciel proche de l’étoile Polaire par exemple.

 

Visuellement, le gain de lumière entre une photo à 10 et 120 secondes de pose est le suivant :

Les réglages auraient dû être identiques, mais j’anticipe ici la remarque suivante : “pourquoi acheter en plus une monture à 400€ si je peux avoir un ciel très étoilé en seulement 10s de pose, avec 6400ISO et une pleine ouverture avec mon objectif à f/1.4 ou f/1.8 ?

La réponse se trouve sous vos yeux : la première image est à 4000ISO, f/2.8 et 10s de pose. La deuxième image est à 1250ISO, f/2.8 et 120s de pose. Il n’y a aucun traitement sur les images hormis une correction de la balance des blancs. Vous avez une image plus fournie, avec moins de bruit électronique… (Laisser 4000ISO pour la pose de 120s aurait donné une image à la limite de la sur-exposition, et non ce n’est pas une blague)

Sur cette portion du ciel, avec un Nikon D750 qui n’est pas défiltré (il est peu sensible aux proches infrarouges) et un Samyang 35mm f/1.4 AS UMC, nous pouvons commencer à deviner certaines nébuleuses (Rosette, Flamme). La nébuleuse d’Orion est plus étendue. Il y a beaucoup plus d’étoiles, les aigrettes sur Sirius sont visibles. La couleur de fond de ciel est beaucoup plus visible également.

 

La monture Slik ECH-630 est dans mon sac photo depuis plus d’un an. A ce titre, j’ai pu réaliser plusieurs prises de vues avec cette petite monture, voici quelques résultats.

1er essai de l’ECH-630 dans la campagne Sarthoise, au printemps 2018. La Voie Lactée, bien visible et détaillée, ressort du fond de ciel chargé en humidité par la chaleur. A gauche, Mars brille fortement (elle était proche de la Terre à ce moment-là). EXIFS : Nikon D750 Astrodon, Samyang 35mm f/1.4 AS UMC, Slik ECH-630 Panoramique de 4 images 60s, 2500ISO, f/2.8, 35mm

 

La Voie Lactée de son centre (vers l’horizon) jusqu’à la constellation du Cygne (en haut). Panoramique de 9 images réalisé depuis le Col de Restefond (2800m d’altitude). L’Airglow est visible sur le fond de ciel (teinte verte) EXIFS : Nikon D750 Astrodon, Samyang 35mm f/1.4 AS UMC, Filtre NiSi Natural Night, Slik ECH-630 60s, f/2.8, 4000ISO, 35mm

 

Un grand champ dans la région du ciel proche d’Orion; ici, nous pouvons voir non seulement les étoiles les plus brillantes de cette zone (Sirius est hors champ plus bas), mais également plusieurs nébuleuses et quelques structures de la Voie Lactée. EXIFS : Nikon D750 Astrodon, Samyang 35mm f/1.4 AS UMC, filtre NiSi Natural Night, Slik ECH-630. 30 minutes de pose au total (15x120s), 1600ISO, 35mm, f/2.8 (Empilement avec le logiciel Siril)

 

 

Face à la concurrence : les Star Adventurer mini, iOptron Sky Tracker, Vixen Polarie…

L’ECH-630 est loin d’être la seule monture de voyage compacte. Il y a en face la Vixen Polarie, l’iOptron Sky Tracker et Skytracker Pro, la Sky Watcher Star Adventurer Mini et l’AZ-GTi, dans d’autres catégories proches la Baader Nanotracker (micro monture) ou l’Omegon Mini Track LX2 (monture mécanique).

La Star Adventurer Classic (celle avec la queue d’aronde et le contrepoids) n’est pas présente dans la liste, car elle n’est pas dans la même catégorie (elle offre plus de précision/temps de pose/focale plus longue possible et plus de charge utile, mais elle est plus grosse et demande plus de réglages ainsi que d’être très minutieux dans sa manipulation une fois le matériel monté).

Comparer chaque monture les unes aux autres est un sujet complet et intéressant que nous n’allons malheureusement pas aborder ici de manière exhaustive par manque de place (le test serait beaucoup plus long si l’on veut faire cela proprement).

Pour donner quelques points de repère, l’ECH-630 est une monture qui offre plus de charge utile que la Vixen Polarie (charge utile de 2kg seulement pour la Polarie en donnée constructeur, donc en réalité cela doit être un peu moins) et une autonomie 10x supérieure (2h contre 20h). Elle offre en revanche moins de fonctionnalités que la Star Adventurer Mini, notamment avec ses fonctions d’intervallomètre intégré et de pilotage WiFi (avec son smartphone).

Si vous ne connaissez pas la SA Mini, Guillaume Doyen a réalisé une très bonne vidéo test sur sa chaîne.

 

Conclusion

La Slik ECH-630 est une monture répondant au mieux aux besoins des photographes souhaitant faire un premier pas dans l’astrophotographie d’objets plus discrets du ciel, ainsi qu’aux initiés voulant une monture portative capable de les suivre partout sans les pénaliser.

Dénuée de fonctions pratiques comme le pilotage du boîtier (intervallomètre) ou un viseur polaire avec mire et grossissement, elle est néanmoins capable de proposer des temps de suivi très intéressants, même avec des focales plutôt longues pour ce type de monture, et une capacité de charge supérieure à la moyenne sur le segment des mini montures de suivi. Sa simplicité d’utilisation et son autonomie sont également des atouts indéniables : une fois maîtrisée, il est possible de commencer à lancer des poses en 5 minutes juste après l’arrivée sur le site de prise de vue.

 

+ Compacte, robuste, facile à utiliser

+ Utilisation concluante avec des focales jusqu’à 135mm

+ Temps de pose de 120s pour 35mm de focale (vérifié et régulier)

+ Différents modes d’utilisation

+ Grande autonomie même par températures négatives (< -10°C)

 

– Viseur pour la mise en station peu pratique, nécessite un peu d’entraînement

– Les histoires de pas Kodak et Congrès : 2 adaptateurs fournis au lieu d’un seul peuvent éviter une mauvaise surprise !

 

 

Je remercie Cokin France pour le prêt de la monture !

Ateliers techniques aux Rencontres du Ciel et de l’Espace 2018

Le 1,2 et 3 novembre 2018 vont se tenir la grande messe de l’astronomie en France : Les Rencontres du ciel et de l’espace 2018 à Paris, dans la Cité des sciences et de l’industrie. Tous les passionnés du ciel, des curieux aux amateurs et aux pro (astrophysiciens, astronomes, techniciens…) s’y retrouvent pour échanger sur plein de sujets ! J’aurai l’honneur et le plaisir d’y animer 2 ateliers techniques jeudi 1er novembre et vendredi 2 novembre : Les filtres de réduction de la […]

 

Le Samyang 20mm f/1.8 est le premier 20mm de la marque sud-coréenne avec une ouverture de f/1.8. Sa focale assez large et son ouverture généreuse promettent donc de belles possibilités en astrophotographie et astropaysage.

J’ai reçu un exemplaire de cet objectif en 2017, ce qui m’a permis de l’utiliser dans plusieurs prises de vues, du simple « one shot » au panoramique, en passant par le filé d’étoile. Cet article de test sera un résumé et un ressenti complet après 10 mois d’utilisation.

Commençons par un rapide rappel technique :

 

Couverture capteur

Plein format (full frame – 24x36mm)

Plage d’ouverture

f/1.8 – f/22

Construction optique

13 éléments en 12 groupes

Montures disponibles

Canon EF, Nikon F, Pentax, Sony A , Sony E

Poids

488g (Nikon)

Diamètre de filtre

77mm

Longueur

85.9mm (Nikon)

Prix

450€ sans contacts électroniques – 490€ avec contacts électroniques (Nikon)

 

 

Schéma optique du Samyang 20mm f/1.8 ED AS UMC

 

Construction et prise en main

Le Samyang 20mm f/1.8 est à l’image des autres objectifs de la marque, à savoir une belle construction pour son prix. Le liseré rouge placé en « amont » de l’objectif rappelle que nous sommes en présence d’un objectif de conception récente, avec une formule optique moderne. L’objectif est solide (l’ayant fait tomber depuis une faible hauteur sur des pavés, il n’a rien du tout), avec un fût en aluminium ; le pare-soleil est en plastique. Pour l’anecdote, ce dernier est exactement le même que celui du 35mm f/1.4.

Ce 20mm possède une bague d’ouverture, indispensable pour les montures n’ayant pas de contacts électroniques avec le boîtier (comme Canon par exemple), ce qui permet de régler l’ouverture manuellement, comme les anciens objectifs. Les « clics »/arrêts sont nets et précis.

Comme tous les autres objectifs de cette marque, le Samyang propose une bague de mise au point très large, à la course longue, ce qui permet d’être assez précis pour avoir son image nette (avec la méthode du liveview par exemple). Sa manipulation est assez agréable, quoique un peu trop dure, comparé au 35mm et au 135mm de la même marque, que je possède également.

 

 

Son format plutôt réduit et son poids d’un peu moins de 500g en font une optique très maniable et agréable à utiliser ; sur mes Nikon D750, le 20mm ne fait pas pencher l’ensemble vers l’avant et rend même le couple boitier/optique vraiment très bien équilibré, ce qui autorise des prises de vues à main levée très facilement, sans fatigue (de jour bien sûr ! 🙂 ) Placé sur une petite monture de voyage, comme les Vixen Polarie, iOptron Skytracker… il ne posera aucun soucis de ce côté.

Le filetage de 77mm permet de monter n’importe quel filtre du même diamètre, sans risque pour la lentille frontale.

 

Monté sur un Nikon D750, ce 20mm est très équilibré et maniable à utiliser.

 

L’objectif se manipule très bien dans l’obscurité, même avec des gants : la bague de MaP, très large, se tourne sans problème.

N’ayant jamais utilisé de 20mm fixe auparavant, j’ai redécouvert un certain plaisir simple à utiliser cet objectif, cette sensation que l’on a en découvrant la photo avec son premier reflex, celle de la créativité sans prise de tête, avec des envies de prendre en photo un peu tout ce qui nous tombe sous la main. Elle autorise des cadrages et des compositions assez créatives, rapidement et simplement, sans pour autant générer des images avec de la déformation.

En one shot, vous capturez une portion relativement large du ciel d’un seul coup. Vous pouvez également y ajouter des éléments terrestres – même à quelques mètres de vous – si vous le souhaitez. Les filés d’étoiles, les « portraits » de Voie Lactée ou de constellations, les timelapse… presque tout s’offre à vous.

Il est également très agréable et pratique à utiliser en panoramique : sa focale de 20mm permet de réaliser un 360° (sur une seule « rangée » le long de l’horizon par exemple) avec 8 photos. Au 35mm, la qualité est certes supérieure et des panoramiques exceptionnels, mais vous devez faire 15 photos pour un 360° à l’horizon.

 

Quelques exemples de scènes nocturnes prises avec ce 20mm. Toutes les images sont prises à f/2.8.

 

2 panoramiques “backstages” lors des Nuits Astronomiques de Touraine (passage de l’ISS de part en part du ciel, rendu plus simple grâce à cet objectif), et session ciel profond au Col Agnel, dans les Alpes.

 

Vous pouvez retrouver ces images en plus grande définition dans la section Astrophotographie de mon site.

 

 

Qualité d’image

A mi-chemin entre un ultra-grand angle et des focales standard « plus classiques », ce 20mm s’en sort vraiment bien. Il possède les avantages et les inconvénients à la fois d’un ultra grand angle ou d’un fisheye, et d’une focale plus classique (24mm, 35mm…). Les images sont larges et lumineuses, avec très peu de déformations, plus piqués et avec moins de défauts optiques qu’un UGA/fisheye (surtout au niveau de la coma, car peut importe la gamme, la marque ou le prix, un UGA reste un UGA et aura toujours une coma importante à pleine ouverture…), mais il est moins performant face aux ténors reconnus en astrophoto (le Samyang 24mm f/1.4 et 35mm f/1.4, leur équivalent dans la gamme Sigma ART, ainsi que le Tamron 15-30mm f/2.8 par exemple).

Ce 20mm peut donc être considéré comme l’entre-deux idéal entre la performance des uns, le côté pratique et la créativité des autres. Une optique polyvalente par excellence ?

A f/1.8, le flot de lumière est très confortable. Les images du ciel sont claires, le sol est assez visible – même dans des conditions de faible éclairage, en l’absence de Lune par exemple – ; Le piqué au centre est très correct. C’est à cette ouverture que le 20mm nous présente ses défauts de manière les plus prononcés : l’inégalité entre le centre de l’image est les bords sont visibles sans que nous ayons besoin de zoomer dans la photo, sans être très gênant pour autant. Les bords sont conformes à une optique grand angle ouverte au maximum, avec la présence de chromatisme (léger), de coma, et une très légère tendance à l’astigmatisme. D’autres objectifs grand angle on un chromatisme bien plus marqué à leur ouverture maximale… Le vignetage est assez marqué, mais il peut être traité sur logiciel pour être supprimé. Cette ouverture peut être à privilégier si vous êtes obligé d’ouvrir au maximum, mais ce n’est pas avec ce réglage que vous serez “au top niveau” du 20mm en astrophoto.

C’est à f/2.8 que nous trouvons le meilleur compromis entre l’apport de lumière et la réduction des défauts optiques : le centre est piqué, il n’y a plus d’aberration sphérique, presque plus de chromatisme dans les bords, la coma est réduite (mais toujours visible en zoomant dans l’image), le vignettage moins marqué. Une source de lumière placée sur le côté de l’image ne vous créera pas de flare disgracieux ou d’artefacts lumineux quelconques. C’est à cette ouverture que j’ai travaillé mes images, même pour du panoramique.

A f/4, le gain en netteté, en vignettage et en chromatisme est accru, la coma ne bouge presque pas. Si vous souhaitez vraiment obtenir le meilleur de cet objectif, tout en restant dans des valeurs « acceptables » d’ouverture, shootez à f/4, mais vous devrez compenser par le temps de pose et les ISO pour obtenir l’image que vous souhaitez.

 

Sur cette image du ciel non traitée, le centre et le bord supérieur droit montrent à la fois le piqué du Samyang 20mm au centre (à f/2.8), ainsi que le chromatisme et la coma présente sur les plus grosses étoiles sur les bords, sans toutefois être important, bien au contraire. Nikon D750, Samyang 20mm f/1.8 ED AS UMC; 20s, 4000ISO, f/2.8

 

Conclusion et points positifs / négatifs

Si je devais résumer le Samyang 20mm f/1.8 en une phrase : un objectif très polyvalent, ludique et très intéressant pour l’astrophotographie. Sa focale et sa qualité optique le situe pile entre les ultra grand-angle et les objectifs lumineux plus conventionnels, ce qui permet de tirer parti des deux mondes assez facilement. Très agréable à utiliser autant sur la manipulation que sur sa focale de 20mm, il fait partie de la catégorie des optiques qui vous donnent le sourire et vous poussent à tenter de nouvelles prises de vue.

Points +

  • Construction, poids et agrément d’utilisation
  • Focale 20mm
  • Bonne qualité optique générale, même à f/1.8; devient très bon à f/2.8 (pour un 20mm)
  • Chromatisme contenu pour cette focale
  • Ludique à souhait à l’utilisation

Points –

  • Coma, aberrations chromatiques présentes et même un peu d’astigmatisme sur les bords à f/1.8, sans pour autant être gênant
  • Bague de mise au point un peu dure

Workshop Astrophotographie au Salon de la Photo 2017 à Paris

Après une exposition au Festival Photographique de Loué très sympa, avec de bons échanges entre passionnés de l’image et photographes, j’animerai un workshop au Salon de la Photo à Paris, sur le stand de NiSi ! Le samedi à 14h, on va causer astrophotographie dans une ambiance décontractée et conviviale 🙂 N’hésitez pas à venir me voir au stand (le 5.2 C 031) ! Programme complet  

Grand champ dans le Cygne

Nouvelle image astro, nous partons cette fois-ci dans la région du Cygne, une constellation que nous pouvons voir assez facilement dans le ciel, avec son étoile principale, Deneb (l’étoile un peu bleutée, vers le milieu de l’image). Cette région du ciel, au niveau de la Voie Lactée, renferme énormément de gaz et de poussière, pour laisser apparaitre tantôt des nébuleuses lumineuses à émissions, tantôt de grandes masses noires composé de matière “inerte”, sans qu’une étoile ne puisse les éclairer ou […]