Clic droit désactivé ! / Right click disabled !

Category : Astrophotographie

 

Le Samyang 20mm f/1.8 est le premier 20mm de la marque sud-coréenne avec une ouverture de f/1.8. Sa focale assez large et son ouverture généreuse promettent donc de belles possibilités en astrophotographie et astropaysage.

J’ai reçu un exemplaire de cet objectif en 2017, ce qui m’a permis de l’utiliser dans plusieurs prises de vues, du simple « one shot » au panoramique, en passant par le filé d’étoile. Cet article de test sera un résumé et un ressenti complet après 10 mois d’utilisation.

Commençons par un rapide rappel technique :

 

Couverture capteur

Plein format (full frame – 24x36mm)

Plage d’ouverture

f/1.8 – f/22

Construction optique

13 éléments en 12 groupes

Montures disponibles

Canon EF, Nikon F, Pentax, Sony A , Sony E

Poids

488g (Nikon)

Diamètre de filtre

77mm

Longueur

85.9mm (Nikon)

Prix

450€ sans contacts électroniques – 490€ avec contacts électroniques (Nikon)

 

 

Schéma optique du Samyang 20mm f/1.8 ED AS UMC

 

Construction et prise en main

Le Samyang 20mm f/1.8 est à l’image des autres objectifs de la marque, à savoir une belle construction pour son prix. Le liseré rouge placé en « amont » de l’objectif rappelle que nous sommes en présence d’un objectif de conception récente, avec une formule optique moderne. L’objectif est solide (l’ayant fait tomber depuis une faible hauteur sur des pavés, il n’a rien du tout), avec un fût en aluminium ; le pare-soleil est en plastique. Pour l’anecdote, ce dernier est exactement le même que celui du 35mm f/1.4.

Ce 20mm possède une bague d’ouverture, indispensable pour les montures n’ayant pas de contacts électroniques avec le boîtier (comme Canon par exemple), ce qui permet de régler l’ouverture manuellement, comme les anciens objectifs. Les « clics »/arrêts sont nets et précis.

Comme tous les autres objectifs de cette marque, le Samyang propose une bague de mise au point très large, à la course longue, ce qui permet d’être assez précis pour avoir son image nette (avec la méthode du liveview par exemple). Sa manipulation est assez agréable, quoique un peu trop dure, comparé au 35mm et au 135mm de la même marque, que je possède également.

 

 

Son format plutôt réduit et son poids d’un peu moins de 500g en font une optique très maniable et agréable à utiliser ; sur mes Nikon D750, le 20mm ne fait pas pencher l’ensemble vers l’avant et rend même le couple boitier/optique vraiment très bien équilibré, ce qui autorise des prises de vues à main levée très facilement, sans fatigue (de jour bien sûr ! 🙂 ) Placé sur une petite monture de voyage, comme les Vixen Polarie, iOptron Skytracker… il ne posera aucun soucis de ce côté.

Le filetage de 77mm permet de monter n’importe quel filtre du même diamètre, sans risque pour la lentille frontale.

 

Monté sur un Nikon D750, ce 20mm est très équilibré et maniable à utiliser.

 

L’objectif se manipule très bien dans l’obscurité, même avec des gants : la bague de MaP, très large, se tourne sans problème.

N’ayant jamais utilisé de 20mm fixe auparavant, j’ai redécouvert un certain plaisir simple à utiliser cet objectif, cette sensation que l’on a en découvrant la photo avec son premier reflex, celle de la créativité sans prise de tête, avec des envies de prendre en photo un peu tout ce qui nous tombe sous la main. Elle autorise des cadrages et des compositions assez créatives, rapidement et simplement, sans pour autant générer des images avec de la déformation.

En one shot, vous capturez une portion relativement large du ciel d’un seul coup. Vous pouvez également y ajouter des éléments terrestres – même à quelques mètres de vous – si vous le souhaitez. Les filés d’étoiles, les « portraits » de Voie Lactée ou de constellations, les timelapse… presque tout s’offre à vous.

Il est également très agréable et pratique à utiliser en panoramique : sa focale de 20mm permet de réaliser un 360° (sur une seule « rangée » le long de l’horizon par exemple) avec 8 photos. Au 35mm, la qualité est certes supérieure et des panoramiques exceptionnels, mais vous devez faire 15 photos pour un 360° à l’horizon.

 

Quelques exemples de scènes nocturnes prises avec ce 20mm. Toutes les images sont prises à f/2.8.

 

2 panoramiques « backstages » lors des Nuits Astronomiques de Touraine (passage de l’ISS de part en part du ciel, rendu plus simple grâce à cet objectif), et session ciel profond au Col Agnel, dans les Alpes.

 

Vous pouvez retrouver ces images en plus grande définition dans la section Astrophotographie de mon site.

 

 

Qualité d’image

A mi-chemin entre un ultra-grand angle et des focales standard « plus classiques », ce 20mm s’en sort vraiment bien. Il possède les avantages et les inconvénients à la fois d’un ultra grand angle ou d’un fisheye, et d’une focale plus classique (24mm, 35mm…). Les images sont larges et lumineuses, avec très peu de déformations, plus piqués et avec moins de défauts optiques qu’un UGA/fisheye (surtout au niveau de la coma, car peut importe la gamme, la marque ou le prix, un UGA reste un UGA et aura toujours une coma importante à pleine ouverture…), mais il est moins performant face aux ténors reconnus en astrophoto (le Samyang 24mm f/1.4 et 35mm f/1.4, leur équivalent dans la gamme Sigma ART, ainsi que le Tamron 15-30mm f/2.8 par exemple).

Ce 20mm peut donc être considéré comme l’entre-deux idéal entre la performance des uns, le côté pratique et la créativité des autres. Une optique polyvalente par excellence ?

A f/1.8, le flot de lumière est très confortable. Les images du ciel sont claires, le sol est assez visible – même dans des conditions de faible éclairage, en l’absence de Lune par exemple – ; Le piqué au centre est très correct. C’est à cette ouverture que le 20mm nous présente ses défauts de manière les plus prononcés : l’inégalité entre le centre de l’image est les bords sont visibles sans que nous ayons besoin de zoomer dans la photo, sans être très gênant pour autant. Les bords sont conformes à une optique grand angle ouverte au maximum, avec la présence de chromatisme (léger), de coma, et une très légère tendance à l’astigmatisme. D’autres objectifs grand angle on un chromatisme bien plus marqué à leur ouverture maximale… Le vignetage est assez marqué, mais il peut être traité sur logiciel pour être supprimé. Cette ouverture peut être à privilégier si vous êtes obligé d’ouvrir au maximum, mais ce n’est pas avec ce réglage que vous serez « au top niveau » du 20mm en astrophoto.

C’est à f/2.8 que nous trouvons le meilleur compromis entre l’apport de lumière et la réduction des défauts optiques : le centre est piqué, il n’y a plus d’aberration sphérique, presque plus de chromatisme dans les bords, la coma est réduite (mais toujours visible en zoomant dans l’image), le vignettage moins marqué. Une source de lumière placée sur le côté de l’image ne vous créera pas de flare disgracieux ou d’artefacts lumineux quelconques. C’est à cette ouverture que j’ai travaillé mes images, même pour du panoramique.

A f/4, le gain en netteté, en vignettage et en chromatisme est accru, la coma ne bouge presque pas. Si vous souhaitez vraiment obtenir le meilleur de cet objectif, tout en restant dans des valeurs « acceptables » d’ouverture, shootez à f/4, mais vous devrez compenser par le temps de pose et les ISO pour obtenir l’image que vous souhaitez.

 

Sur cette image du ciel non traitée, le centre et le bord supérieur droit montrent à la fois le piqué du Samyang 20mm au centre (à f/2.8), ainsi que le chromatisme et la coma présente sur les plus grosses étoiles sur les bords, sans toutefois être important, bien au contraire. Nikon D750, Samyang 20mm f/1.8 ED AS UMC; 20s, 4000ISO, f/2.8

 

Conclusion et points positifs / négatifs

Si je devais résumer le Samyang 20mm f/1.8 en une phrase : un objectif très polyvalent, ludique et très intéressant pour l’astrophotographie. Sa focale et sa qualité optique le situe pile entre les ultra grand-angle et les objectifs lumineux plus conventionnels, ce qui permet de tirer parti des deux mondes assez facilement. Très agréable à utiliser autant sur la manipulation que sur sa focale de 20mm, il fait partie de la catégorie des optiques qui vous donnent le sourire et vous poussent à tenter de nouvelles prises de vue.

Points +

  • Construction, poids et agrément d’utilisation
  • Focale 20mm
  • Bonne qualité optique générale, même à f/1.8; devient très bon à f/2.8 (pour un 20mm)
  • Chromatisme contenu pour cette focale
  • Ludique à souhait à l’utilisation

Points –

  • Coma, aberrations chromatiques présentes et même un peu d’astigmatisme sur les bords à f/1.8, sans pour autant être gênant
  • Bague de mise au point un peu dure

Grand champ dans le Cygne

Nouvelle image astro, nous partons cette fois-ci dans la région du Cygne, une constellation que nous pouvons voir assez facilement dans le ciel, avec son étoile principale, Deneb (l’étoile un peu bleutée, vers le milieu de l’image). Cette région du ciel, au niveau de la Voie Lactée, renferme énormément de gaz et de poussière, pour laisser apparaitre tantôt des nébuleuses lumineuses à émissions, tantôt de grandes masses noires composé de matière « inerte », sans qu’une étoile ne puisse les éclairer ou […]

Dossier Astrophotographie avec Focus Numérique

Durant toute la deuxième moitié de l’été 2017, Focus Numérique va publier une série d’articles que j’ai écrit, composant un grand dossier sur l’astrophotographie. Plusieurs thématiques seront abordées : matériel, techniques, traitement d’image, inspiration… pour les débutants qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’astrophoto en allant à l’essentiel, aux passionnés qui souhaitent découvrir de nouvelles astuces. Toutes les publications sont ici : https://www.focus-numerique.com/auteur/117/maxime-oudoux  

Le Centre de la Voie Lactée en Haute Définition depuis les Alpes

Lors du séjour (trop court !) dans les Hautes Alpes, entre 2 prises de vue, j’ai pu réaliser une petite mosaïque de 3 images du centre de la Voie Lactée. Le ciel, qui était excellent, a permis de révéler beaucoup de détail dans cette région du ciel, comme entre autre des nébuleuses comme Omega, Trifide, la Lagune, les amas M7 et M22… Au niveau réglages, et matériel utilisé : Nikon D750 Astrodon, Samyang 135mm f/2 ED AS UMC Filtre NiSi […]